Quand on dirige l’une des fintechs les plus valorisées d’Europe, les problèmes de riche prennent parfois une dimension assez particulière. Nik Storonsky, cofondateur et patron de Revolut, est actuellement au cœur d’un litige judiciaire concernant l’achat de Nixie, un gigantesque superyacht de 102,4 mètres dont le prix de vente aurait atteint environ 350 millions d’euros. En cause : une commission de 17,5 millions d’euros réclamée par un courtier spécialisé dans les yachts de luxe. Oui, rien que la commission représente déjà le prix d’un très joli yacht pour le commun des mortels.
Un yacht à 350 millions d’euros
L’affaire concerne Nixie, un superyacht construit par le prestigieux chantier naval allemand Lürssen. Avec ses 102,4 mètres de long, le navire n’a pas exactement été conçu pour une petite sortie pêche le dimanche matin. Il dispose notamment d’une imposante piscine en verre partiellement suspendue de six mètres de large, d’un immense beach club de près de 270 m², d’une salle de sport et même d’une chambre de cryothérapie. Le constructeur Lürssen décrit également un système de propulsion diesel-électrique associé à un système avancé de stockage d’énergie. Le yacht a été livré en juin 2026.
Son nouveau propriétaire serait donc Nik Storonsky, le milliardaire derrière Revolut. Une acquisition assez spectaculaire pour celui qui a lancé en 2015 une simple application spécialisée dans les paiements et le change de devises. Revolut est depuis devenue une véritable plateforme financière proposant comptes bancaires, cartes, investissements, cryptomonnaies ou encore épargne. Pour ceux qui veulent comprendre ce que propose réellement la plateforme aujourd’hui, nous avons d’ailleurs publié notre avis complet sur Revolut en 2026. Mais pour une fois, ce ne sont pas les fonctionnalités de Revolut qui font parler. C’est le bateau de son fondateur.
Le courtier réclame 17,5 millions d’euros
Le courtier britannique Cecil Wright & Partners affirme avoir joué un rôle déterminant dans l’acquisition du yacht. Selon sa version des faits, le family office de Nik Storonsky aurait initialement fait appel à la société afin de rechercher un yacht. Le courtier estime avoir identifié l’opportunité et mis en relation les différentes parties avant d’être finalement écarté de la transaction.
Cecil Wright & Partners réclame désormais 17,5 millions d’euros, soit une commission équivalente à 5 % des 350 millions d’euros correspondant au prix de vente rapporté du Nixie. L’affaire est désormais devant la High Court de Londres, qui devra notamment déterminer si le courtier peut effectivement être considéré comme l’intermédiaire ayant permis la réalisation de la vente.
Nik Storonsky conteste totalement la version du courtier
De son côté, le patron de Revolut nie devoir cette commission. Selon les documents déposés par sa défense, les négociations menées par l’intermédiaire de Cecil Wright & Partners auraient échoué. Le yacht avait alors une histoire de propriété particulièrement mouvementée. Initialement commandé par l’entrepreneur canadien Patrick Dovigi, Nixie avait ensuite été vendu à un banquier brésilien avant de finalement revenir entre les mains de Dovigi.
Nik Storonsky affirme que son équipe aurait ensuite repris contact indépendamment avec les représentants de ce dernier afin de conclure la transaction. Sa défense considère donc que Cecil Wright & Partners n’a pas été à l’origine de la vente finalement réalisée et ne peut pas réclamer la commission de 5 %. Le tribunal devra désormais trancher entre les deux versions.
Et ChatGPT entre dans l’histoire
L’affaire comporte également un détail assez improbable. Selon les documents judiciaires rapportés par plusieurs médias, la défense de Nik Storonsky affirme que son équipe aurait utilisé ChatGPT pour retrouver l’identité d’un ancien propriétaire du yacht. Une recherche qui aurait ensuite participé à la reconstitution de l’historique du navire et à la prise de contact avec les personnes impliquées dans sa propriété.
Autrement dit, même lorsqu’il s’agit d’acheter un bateau à plusieurs centaines de millions d’euros, ChatGPT peut apparemment finir quelque part dans le processus. La démocratisation de l’intelligence artificielle suit décidément des chemins assez inattendus.
Un yacht qui coûte plus cher que certaines entreprises cotées
La somme donne évidemment le vertige. À 350 millions d’euros, Nixie appartient à la catégorie extrêmement fermée des superyachts accessibles uniquement aux plus grandes fortunes mondiales. Et les dépenses ne s’arrêtent évidemment pas au prix d’achat. Un navire de plus de 100 mètres nécessite un équipage important, du carburant, de la maintenance, des assurances, des frais portuaires et une logistique permanente.
Pour ceux qui n’ont pas immédiatement 350 millions d’euros disponibles dans le canapé, le Nixie est également annoncé sur le marché de la location. Les tarifs évoqués démarrent autour de 2,4 millions d’euros par semaine. Les boissons du minibar ne sont, espérons-le, pas facturées en supplément.
Revolut continue pendant ce temps son impressionnante expansion
Cette histoire reste évidemment personnelle à Nik Storonsky et ne concerne pas directement les activités opérationnelles de Revolut. La fintech continue parallèlement de grandir à grande vitesse. Revolut a récemment été valorisée autour de 75 milliards de dollars lors d’une vente d’actions et revendique désormais des dizaines de millions de clients dans le monde. Elle poursuit également son développement international et continue de préparer les prochaines étapes de son expansion.
Pour Nik Storonsky, l’enjeu immédiat est toutefois plus maritime. Il possède désormais l’un des yachts les plus spectaculaires au monde. Reste à savoir si son acquisition lui coûtera 17,5 millions d’euros supplémentaires. Le genre de frais cachés que même Revolut n’avait probablement pas prévu dans son convertisseur de devises.

